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Nous sommes quelques uns, résidants à Peille, jeunes et moins jeunes, nés à Peille mais aussi venus à Peille par choix ou par nécessité. Nous avons en commun, d’aimer notre village. Nous pensons que la citoyenneté, la démocratie participative et la démocratie directe ne sont pas des mots vains et dénués de sens. Nous voulons ce blog pour mettre en place un dialogue entre tous. Ce qui nous l’espérons nous amènera à nous intéresser et à nous impliquer dans la vie de notre commune. La critique est une pratique courante dans notre société, nous voudrions lui donner la dynamique indispensable de la proposition. Le Projet est pour nous la seule réponse acceptable à l’immobilisme ambiant. S’il faut, trop souvent s’opposer, dans l’urgence, en contre partie et au plus vite il faut proposer. Proposer c’est construire des Projets pour notre avenir et pour ce faire, la concertation voire la confrontation est indispensable. Ne serait-ce point là une forme certaine de démocratie participative ? Alors si vous le souhaitez, mêlez vous de ce qui vous regarde !! Toutes les contributions seront les bienvenues sur ce Blog. Nous vous invitons à la tolérance et à la compréhension, à l’échange et au partage. Pensons à l’avenir, et à nos enfants. A bientôt.
Dimanche 8 novembre 2009

LE MONDE | 05.11.09 | 12h02

 
           
   

L'assouplissement de la carte scolaire, instauré à la rentrée 2007, renforce la ghettoïsation des collèges "ambition réussite", ces établissements scolaires dont les élèves cumulent les difficultés sociales et scolaires. C'est ce que souligne un rapport de la Cour des comptes présenté mardi 3novembre devant la commission des finances du Sénat.

C'est au détour d'une enquête sur les dispositifs éducatifs dans les quartiers sensibles que les rapporteurs de la Cour ont découvert un phénomène de renforcement de la ghettoïsation des établissements difficiles, conséquence de l'assouplissement de la carte scolaire. Nombre d'observateurs s'en doutaient, mais personne ne pouvait en apporter la preuve, le ministère de l'éducation nationale refusant de communiquer sur le sujet. Désormais, une première indication chiffrée existe.

Dans son rapport, la Cour des comptes estime que, sur un total de 254collèges "ambition réussite", 186 ont perdu "jusqu'à 10%" de leurs élèves du fait de la réforme de la carte scolaire voulue par Xavier Darcos.

Alors ministre de l'éducation, il avait jugé que la carte scolaire, qui affecte un élève dans un collège ou un lycée en fonction de son lieu de résidence, "n'assure plus l'égalité des chances et ne répond plus aux attentes des familles", car elle est "régulièrement contournée".

Même s'il chiffre à 7 %, et non pas 10 %, la perte d'élèves par certains collèges difficiles, l'actuel ministre de l'éducation, Luc Chatel, n'a pas contesté ces résultats. M.Chatel dit attendre, "d'ici à la fin de l'année, une étude plus détaillée" par ses services, le rapport rendu public par Jean Picq, président de la troisième chambre de la Cour des comptes, ne reposant que sur six collèges "ambition réussite" de trois académies: Aix-Marseille, Lille et Versailles.

Plutôt que sur la fuite des collèges difficiles par leurs élèves, le ministre préfère mettre l'accent sur "50 établissements “ambition réussite” qui sont devenus plus attractifs et ont gagné des élèves", et sur les familles qui "sont satisfaites de l'assouplissement de la carte scolaire". "D'ailleurs, le gouvernement entend poursuivre jusqu'à sa disparition", note-t-il.

De son côté, M.Picq admet que "six collèges difficiles, ce n'est pas très représentatif." "Mais personne n'a remis en cause nos conclusions, remarque-t-il. Nous avons vraiment rencontré tout le monde: principaux, équipes pédagogiques, recteurs, inspecteurs d'académie, élus, associations… Tous ont relevé un aspect positif: des élèves boursiers ont pu aller étudier dans de meilleurs établissements. Et un aspect négatif: la perte d'élèves." La Cour prône de ce fait l'accentuation de la lutte "contre la constitution de “ghettos scolaires”".

Le libre choix des familles mis en avant par MM. Darcos et Chatel n'en est pas un aux yeux de la sociologue Agnès van Zanten, pour qui "le choix de l'établissement n'a de sens que s'il y a une vraie offre. Or les familles doivent se déterminer entre un bon et un mauvais établissement, ce qui n'est pas un choix. Et comme elles choisissent toutes les mêmes établissements, cela crée de l'insatisfaction".

Pour l'auteure de Choisir son école (éditions PUF), le rapport de la Cour des comptes n'est pas une surprise: "L'idée était de récompenser les bons élèves des classes populaires. Les enseignants eux-mêmes les invitent à quitter les mauvais établissements, ce qui conduit à la fuite des “têtes de classe” et à la ghettoïsation." Même dépit du côté du SNES, principal syndicat du secondaire: "Le message d'origine qui était celui de la méritocratie scolaire, devient “quittez votre quartier”. Au bout de deux ans, on a des collèges qui ont perdu jusqu'à 40% de leurs effectifs", déplore Daniel Robin, co-secrétaire général.

Comment corriger ces effets pervers? Le SNES réclame plus de moyens. M.Chatel propose, entre autres, d'ajouter aux critères permettant l'accès à un meilleur établissement (boursiers, handicapés), le fait d'être élève d'un collège "ambition réussite". Ce changement pourrait cependant augmenter la ghettoïsation desdits collèges. MmevanZanten imagine, elle, d'"instaurer des quotas par catégories d'élèves (bons, moyens, mauvais) dans les établissements, comme l'Angleterre qui prend des mesures contre le libre choix".

La Cour des comptes estime, quant à elle, que la lutte contre l'échec scolaire fondée sur l'aide individualisée, ne peut plus reposer sur le volontariat des enseignants et des élèves. "Il faut intégrer cette aide dans les obligations de service, mais ça risque d'être la révolution", prévient M.Picq.

Marc Dupuis

Article paru dans l'édition du 06.11.09
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Samedi 7 novembre 2009

Alors que s'ouvre le "grand débat sur l'identité nationale", Nouvelobs.com donne la parole à Michel Rocard : "L'idée que l'identité nationale fasse doute et qu'il faille en rediscuter me stupéfie", explique l'ancien Premier ministre, car "la logique de fabrication de la France se détruit si on la ferme". Interview.

Faut-il un débat sur l'identité nationale ?


Michel Rocard : - Cela ne m'inspire pas grand-chose de bon. La France est incontestablement l'un des pays occidentaux qui a la plus forte identité nationale. Des individus comme Louis XIV, Napoléon Bonaparte et Charles de Gaulle sont fortement créateurs de références identitaires. Et puis la France a cette particularité d'être différente de tous les autres pays d'Europe sur un point majeur. Mais cela nécessite de prendre le temps de parcourir l'histoire.

Les grands empires qui sont apparus à travers le monde - en Amérique, en Afrique, comme au Moyen-Orient ou en Asie - sont presque toujours respectueux des identités linguistiques et religieuses des territoires qu'ils absorbent. Mais nous avons en Europe une autre tradition, beaucoup plus exigeante dans l'unification des territoires. C'est celle des royaumes. Nous n'avons pas d'empire qui réussit, mais huit ou neuf communautés linguistiques et religieuses - linguistiques à titre principal- qui vont créer des nations, chacune avec leurs rois ou leurs princes. Pendant un millénaire et demi, elles devront se défendre les unes des autres et construire une identité. C'est vrai du Portugal. C'est vrai aussi de l'Espagne, même s'il y a une petite difficulté linguistique avec la Catalogne et le Pays Basque. C'est vrai aussi de l'Angleterre et de la communauté néerlandophone, qui va prendre la forme des Provinces unies, les Pays-Bas. C'est vrai de la Pologne, c'est vrai aussi de la Hongrie et de la Russie.
Il y a deux retards dans la constitution des nations: l'Italie et l'Allemagne. Mais tout de même l'Italie et l'Allemagne ont ces caractéristiques d'être des communautés linguistiques, qui se donnent un peu après les autres une structure d'Etat.

La France est un cas absolument unique
. Une petite zone militarisée - Ile-de-France, Val de Loire - va produire une collectivité linguistique nationale. La langue française, c'est le Val de Loire, son lieu de naissance. Cette communauté va se militariser à outrance, parce qu'elle est petite et parce qu'elle est exposée dans une zone de plaine. En conséquence, le royaume de France va se développer en s'étendant militairement, bien au-delà de sa communauté linguistique. La naissance de la France se réalise par la conquête militaire d'au moins cinq cultures - j'appelle culture la coïncidence entre une langue et un art de prier. Je veux parler de la Bretagne, de l'Occitanie, de l'Alsace, d'une partie de la Flandre, de la Corse, et puis de notre petit bout du Pays basque. Vous avez le souvenir de la guerre des Albigeois ? Elle aurait fait entre 400 et 500.000 morts, avec les techniques militaires de l'époque - et la gentillesse de Simon de Montfort. C'est la conquête par le Nord de tout le Midi qui, au sud d'une ligne allant de Bordeaux à Grenoble, parlait Occitan.

C'est ça, la France. Le pouvoir central est construit militairement, ce n'est pas le produit d'une communauté. Tout cela est assez fabuleux et donne à la France une identité très spécifique qui est beaucoup moins marquée par le droit du sang. Très tôt, il y a un sentiment national étonnant, par l'échange de souvenir d'événements.
La victoire de Philippe Auguste à Bouvines [en 1214, NDLR] permet une sorte de fierté nationale. Il a un peu du David contre Goliath dans la bataille du petit royaume de France face à cette immensité qui était en train de se confédérer, le Saint Empire romain germanique. Et on a fait craquer l'empire.
Puis le moment de cristallisation nationale formidable, c'est la bataille de Valmy, sous la Révolution [en 1792, NDLR]. Dans les troupes commandées par Dumouriez, on évalue à moins de 20% ceux qui parlaient français.
Et ensuite arrive la IIIe République avec ses hussards noirs [les instituteurs, NDLR] qui imposent le français dans toutes les écoles.
Tout cela nous donne un art de vivre ensemble, parfois avec une assez grande indifférence au droit du sang, et donc une majoration de l'identité de choix de culture et de volonté d'un destin commun, largement façonné par la Révolution. Et tout cela est assez magnifique. On a même fait vivre cette identité à la Martinique, à la Guadeloupe, au Sénégal et à dans presque toutes nos colonies.

L'idée que tout cela fasse doute et qu'il faille en rediscuter me stupéfie. Cela fait une identité absolument merveilleuse, dont il est vrai qu'on la durcie quand on la prend comme Le Pen. Parce que Le Pen, au fond, nie la réalité de l'adhésion à cette nation de gens qui y sont depuis 150 ans. Ma mère était Savoyarde. Ce qui veut dire que moi-même, je dois d'être Français à un succès diplomatique de Napoléon III, tandis que pour Le Pen, je suis un Rital.
Cela ne me fait pas plaisir de rouvrir la conversation. Je trouve ça complètement imbécile. Il faut bien voir que cette logique de fabrication de la France se détruit si on la ferme. C'est une logique d'ouverture. La France se définit comme une sorte d'orgueil permanent. Moi je suis protestant. Cela veut dire que mes ancêtres sont considérés comme Français depuis ce jour mystérieux d'août 1789 où l'Assemblée constituante a fait citoyens français successivement les protestants, les juifs, les comédiens et les gens de couleur.
Dans l'idée d'arrêter ce mouvement de générosité, il y a quelque chose qui me choque. Parce qu'ouvrir le débat, c'est rechercher l'écriture d'une formalisation instantanée de la description de ce qu'est l'identité française. Or, elle a été dans l'histoire complètement évolutive. Et après tout, si on décide que c'est à la date du 3 août 1789 que s'arrête la fabrication de la France, moi je cesse d'être citoyen.

N'est-ce pas aussi la question de l'immigration qui est sous-entendue dans le débat sur l'identité française ?


- La France est depuis le milieu du XIXe une terre de dépression démographique. Il y avait vers 1935-36 déjà 4,5 millions d'étrangers en France. Et la presse de l'époque montre que certaines couches de la population traitaient les immigrés - Italiens, Polonais, Belges…- comme des chiens. La presse d'aujourd'hui n'ose pas, s'agissant des Arabes ou des Noirs, reprendre le vocabulaire, les insultes et les présupposés que colportait la France entre les deux guerres. Tous ces hommes sont devenus citoyens français. La France est faite comme ça! Se poser le problème de l'immigration, c'est se poser la question de la date à laquelle s'arrête la bienvenue que nous avons souhaité à tous ceux qui sont devenus Français en venant d'ailleurs, et qui sont aujourd'hui un bon tiers, sinon la moitié, de notre population totale. Alors à partir de quand on crache dessus ?

Exalter la France est une chose. Je me sens Français comme pas possible. Je suis éperdument fier d'être par hasard né dans ce pays. Mais je n'ai pas envie que la chance que cela représente soit fermée à d'autres, au nom d'un sectarisme qui n'est pas dans notre histoire. Et je crains beaucoup que le fait d'ouvrir le débat ne se traduise, comme souvent en France, par une volonté de formaliser, de décrire et de mettre dans des textes, ce qui va figer. C'est idiot… C'est idiot parce que je n'ose pas caresser l'espoir que dans ce débat sur l'immigration, la victoire aille à cette définition : la France est la seule identité nationale au monde qui soit en définition évolutive et constamment en train d'agglomérer de nouvelles sensibilités et de nouvelles représentations linguistiques ou de couleurs de peau.

C'est votre définition ?


- Oui. Absolument. En 1789, les Français secouent le joug de la monarchie absolue. Les trois ordres se réunissent, ils écrivent la déclaration des Droits de l'homme et du citoyen, et il ne leur vient pas à l'idée de n'écrire que pour eux. Ils écrivent pour le monde entier. Les deux premiers mots sont "Les hommes", sans distinction géographique, linguistique ou raciale. "Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune."
C'est un trait culturel. Et toute idée que le cadeau de la France au monde qu'est ce texte puisse être terni, par le fait qu'on donnerait plus d'importante à certains hommes qui sont rassemblés dans l'hexagone sur certains autres, c'est un attentat à la grandeur de la France.

Le débat sur l'identité nationale de la France est-il relancé à des buts électoralistes ?


- La perspective électoraliste ne peut pas être dissociée, c'est vrai. Mais dès lors qu'on ouvre le débat, la perspective électoraliste disparait. Il y a le sujet, et il y a ce qu'on va en faire. On pourrait concevoir ce débat comme un simple enrichissement culturel pour chacun, comme un inventaire des faits fondateurs. Si c'était pour reparler de Bouvines, je trouverais cela très bien. On pourrait rigoler ensemble bu baptême de Clovis.
Ma crainte, c'est qu'on mette des frontières là où il n'en faut pas. C'est que parler de l'identité nationale nous convainque qu'il y a une substance de plus, quelque chose de qualitativement différent, entre ceux qui sont Français et ceux qui ne le seraient pas mais habiteraient quand même notre territoire. C'est ça le risque. Car l'enjeu, c'est une insertion décente de tous ces gens, comme nous l'avons toujours fait.

Propos de Michel Rocard recueillis par Baptiste Legrand
le lundi 2 novembre 2009 - Nouvelobs.com
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Samedi 7 novembre 2009
 

SITUATION DE LA NÉGOCIATION

AVEC LE MINISTÈRE DE LA CULTURE

LE 5 NOVEMBRE 2009

 

 

1. RENCONTRE AVEC FRÉDÉRIC MITTERRAND LE 23 OCTOBRE 2009

 

Richard Martin a rencontré le Ministre de la Culture dans son bureau, à la rue de Valois,
le 23 octobre 2009. Au cours de cette rencontre, dont le ton a été ouvert, franc et honnête, la situation du théâtre Toursky a pu être exposée en détail. Le Ministre a dit son souhait de réparer l’injustice qui avait été faite au théâtre et a donné à Richard sa « parole d’honneur » qu’il mettrait tout en œuvre pour qu’une aide immédiate soit attribuée au titre de l’année 2009 et qu’une convention pluriannuelle soit établie pour les années 2010-2012.

 

Le Ministre a annoncé qu’il enverrait une lettre à Richard avant la fin du mois d’octobre pour lui indiquer quelle somme il serait en mesure de débloquer pour 2009, étant entendu que celle-ci ne saurait être le montant de 15.000 euros que Richard avait qualifié d’indécent, et que ses services – mais pas le Directeur de la DRAC PACA, Monsieur François Brouat, avec lequel toute collaboration était devenue impossible – prendraient contact avec Richard pour établir la convention pluriannuelle. Cette convention devait ouvrir l'accès à un financement destiné à soutenir son projet global, celui-ci incluant à la fois une politique tarifaire volontariste pour les publics défavorisés, une grande ouverture internationale et la poursuite de son travail de création.

 

Le Ministre a conclu en annonçant qu’il rencontrerait de nouveau Richard lors de son passage à Marseille le 30 novembre prochain.

 

Richard a pris acte de la parole donnée par le Ministre et s’est déclaré satisfait que les voies de la communication aient été rouvertes avec le Ministère.

 

2. NÉGOCIATIONS AVEC LE MINISTÈRE DE LA CULTURE

 

Sans nouvelle du Ministre le 2 novembre, Richard Martin a téléphoné à
Georges-François Hirsch, Directeur de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles, qui lui a proposé 15.000 euros d'aide au titre de l'année 2009, somme qui avait été expressément jugée « indécente » dans le bureau du Ministre.

 

Dans ce même entretien téléphonique, Monsieur Hirsch a indiqué qu'il convenait que le théâtre fasse parvenir un dossier de demande d'aide qui, selon lui, ne devrait porter que sur un projet définissant les actions concernant le quartier défavorisé dans lequel le théâtre est implanté, ajoutant qu'il ignorait quelle somme pourrait être débloquée.

 

Outre le fait que le dossier du théâtre Toursky a déjà été remis à Monsieur Hirsch, en mains propres, lors de la rencontre avec lui, le 15 octobre à Paris, la demande de celui-ci ignore délibérément le projet du théâtre, qui est un projet global et ne saurait se limiter au seul accueil des publics défavorisés. Monsieur Hirsch a clairement affirmé que l’État ne soutiendrait en aucun cas le fonctionnement du théâtre ni sa programmation.

 

Monsieur Hirsch a, par ailleurs, ajouté qu'il faudrait bien, le moment venu, que les relations reprennent entre le théâtre Toursky et Monsieur Brouat.

 

Le 3 novembre, Monsieur Hirsch a fait une nouvelle proposition : 15 000 euros en 2009 et 65.000 euros par an pour la période 2010-2012, ou bien 30.000 euros en 2009
et 50.000 euros par an pour la période 2010-2012.

 

Sans s’étendre sur la bizarrerie arithmétique de cette proposition, il convient, en revanche, de souligner le caractère indigne d'un tel « marchandage de tapis » dont le théâtre n’est en rien l'initiateur.

 

Dans une lettre adressée par Richard Martin à Frédéric Mitterrand le 5 novembre, Richard a rappelé une nouvelle fois au Ministre que la subvention qui lui avait été, selon les propres termes du Ministre, « injustement » supprimée s'élevait à 185.000 euros et qu'en conséquence, les deux termes de l'alternative qui lui était proposée étaient, l'un comme l'autre, proprement irréalistes et inacceptables.

 

En outre, la confiance envers les services du Ministère de la Culture ayant été sérieusement ébranlée au cours des dernières semaines, Richard a souhaité savoir si la proposition que lui faisait Monsieur Hirsch était la sienne ou celle du Ministre. Monsieur Hirsch a répondu à Richard qu'il s'était entretenu avec Monsieur Mitterrand à ce sujet et qu'il s'agissait bien de la proposition du Ministre. Sans courrier de la part de ce dernier, Richard a peine à y croire, tant cette proposition est éloignée de ce qu’il croyait avoir perçu de sa compréhension du Toursky et de son souci de normaliser la relation du théâtre avec le Ministère.

 

3. INTERVIEW DE MIICHEL SAPPIN, PRÉFET DE LA RÉGION PACA DANS LE JOURNAL 20 MINUTES DU 28 OCTOBRE

 

Dans le journal 20 minutes du 28 octobre, soit cinq jours après l’entretien avec le Ministre, le Préfet Sappin a énoncé des contre-vérités encore plus énormes que celles qui avaient déjà été proférées par le Directeur de la DRAC PACA. Il y déclare en effet :
« 
Le Toursky est le théâtre le plus subventionné  de PACA. Entre la mise à disposition du théâtre par la ville, les subventions de la ville, de la région et du département, on arrive
à 2,3 millions d'euros. Soit plus que certaines scènes nationales
 ».

 

Outre que c'est la première fois qu'est mentionnée la mise à disposition du théâtre par la Ville, la façon dont cette affirmation est formulée laisse entendre qu'à Marseille, les autres théâtres comparables au Toursky – Théâtre National de la Criée, Scène Nationale du Merlan,
Théâtre du Gymnase – ne bénéficieraient pas de ce même soutien, ce qui est, bien entendu, faux. L'argument est d’autant plus choquant que le Toursky est, il faut le rappeler, situé dans le quartier le plus défavorisé et le plus blessé de Marseille, là où la valeur locative est la plus basse. On en arrive à penser que cette nouvelle formulation n'a qu'une seule motivation : gonfler artificiellement encore un peu plus le montant des subventions reçues par le Toursky pour tenter de mieux discréditer son combat.

 

Or, et c'est la deuxième contre-vérité, le Toursky n'est pas « le théâtre le plus subventionné de PACA », ni même de Marseille !

 

En 2009, le Toursky a reçu des subventions pour un total de 1.413.000 euros,
dont 1.007.000 euros de la Ville de Marseille, 227.000 euros du Conseil Régional PACA
et 179.000 euros du Conseil Général des Bouches-du-Rhône.

 

La même année :

            - le Théâtre National de la Criée recevait un total de 3.719.667 euros
(2.869.667 euros du Ministère de la Culture et de la Communication et 850.000 euros de la Ville de Marseille) ;

            - la Scène Nationale du Merlan recevait un total de 1.938.576 euros
(558.576 euros du Ministère de la Culture et de la Communication, 1.080.000 euros de la Ville de Marseille, 160.000 euros du Conseil Régional PACA et 140.000 euros du
Conseil Général des Bouches-du-Rhône) ;

            - le Théâtre du Gymnase recevait un total de 1.782.500 euros (244.500 euros du Ministère de la Culture et de la Communication, 1.300.000 euros de la Ville de Marseille, 168.000 euros du Conseil Régional PACA et 70.000 euros du Conseil Général des Bouches-du-Rhône).

 

Dans la même interview à 20 minutes, le Préfet Sappin a ajouté que c'était le manque de créations portées par le Toursky qui avait justifié l'arrêt des subsides d'État. C’est la première fois qu’un tel argument est avancé et il constitue une troisième contre-vérité flagrante.

 

D’une part, il convient, en effet, de rappeler qu’en 1995, le Directeur du théâtre et des spectacles de l’époque, Monsieur Jacques Baillon, avait effectué la première suppression de la subvention au Toursky au prétexte que l’aide de l’État était « destinée à l’accueil de spectacles » et que son utilisation pour le financement d’une production constituait une rupture unilatérale de contrat de la part du Toursky.

 

D’autre part, et pour s’en tenir aux seules années 2008 et 2009, le théâtre Toursky a présenté treize créations :

- 2 productions/créations et reprises : À l’amour, Citoyens ! (avec Richard Martin, Marie-Claude Pietragalla, Julien Derouault, Caroline Casadesus, Didier Lockwood, 2009) et La Révolte des fous (de Henri-Frédéric Blanc avec Richard Martin, 2008), ce dernier spectacle ayant également bénéficié de 21 représentations au Festival d’Avignon 2009 ;

- 2 coproductions/créations : Mon Golem (Wladyslaw Znorko - Compagnie Cosmos Kolej, 2009) et Dégun de la Canebière (Quartiers Nord, 2009) ;

- 6 coréalisations/créations : Temps forts de l’Inde (Compagnie Arabesques & Mudras, XIXème Festival Mai-diterranée, 2009), Cavale ou le cabaret grotesque (Sam Harkand et Compagnie, 2008), La Poésie crie au secours ! (Richard Martin et l’Orchestre Philharmonique de Marseille, 2008), Guitares du monde (XVIIIème Festival Mai-diterranée, 2008), Compañia En Klave Flamenca (IVème Festival International de Flamenco, 2008) et Indanse (Compagnie Arabesques & Mudras, XVIIIème Festival Mai-diterranée, 2008) ;

- 3 créations : Des Idéaux (Compagnie Alzhar, 2008), CarmenSeitas - De la Carmen de Bizet au chœur de la Seita (Edmonde Franchi, 2008) et La Revue Marseillaise
(Quartiers Nord, XVIIIème Festival Mai-diterranée, 2008).

 

Toutes ces contre-vérités, qui frisent la malveillance, sont émises pour nuire à l'image du théâtre Toursky, pour discréditer le combat que mène Richard depuis des années – et tout particulièrement aujourd'hui – pour la reconnaissance de son projet et, in fine, à son honnêteté. Et lorsque, dans le même article de 20 minutes, il est dit que le Ministère de la Culture « ne veut pas confirmer que [Richard ait] obtenu une aide pour 2009, assurant seulement qu'un rendez-vous avait bien eu lieu », Richard ne peut que s’inquiéter de ne pas encore avoir reçu le courrier promis par Frédéric Mitterrand.

 

4. QUE FAIRE MAINTENANT ?

 

Le Ministre a donné sa parole d'honneur qu’il réparerait l'injustice dont le Toursky a été la victime. Ce sont là des paroles fortes que Richard Martin a acceptées et dont il a fait part au Sénateur-Maire de Marseille. C'est parce que lui et Jean Poncet avaient confiance en Frédéric Mitterrand qu’ils ont suspendu leur grève de la faim. C'est parce qu'ils les suivaient dans cette confiance que leurs amis Ahmed Massaia, un des plus grands spécialistes du théâtre au Maghreb, et Virgil Ogasanu, l'un des plus célèbres acteurs de Roumanie, n'ont pas encore rejoint leur grève de la faim.

 

Richard Martin se refuse encore à croire à une trahison du Ministre. C’est pourquoi,
le 5 novembre, il a écrit une lettre à Frédéric Mitterrand pour lui dire son incompréhension et son inquiétude face à son silence et à l’attitude des services de l’État qui font mine d’ignorer la teneur de l’entretien du 23 octobre et, pire, qui diffusent publiquement des informations de plus en plus grossièrement erronées. Dans ce courrier, Richard a réclamé au Ministre une réponse claire et adaptée, dont nous soyons assurés qu’elle reflète bien son analyse. Il a solennellement enjoint le Ministre à lui écrire vite, personnellement, comme il s’y était engagé, pour lui faire savoir comment il entendait soutenir, de manière crédible, le projet global du Toursky.

 

Face aux ambiguïtés de l'heure et dans l’attente de la réponse du Ministre, il convient que le Comité de soutien du théâtre Toursky se mette de nouveau en alerte et avec lui tous les hommes de culture et les hommes politiques qui ont apporté leur concours au combat du théâtre.

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Vendredi 23 octobre 2009
"Les chemins de la culture sont des chemins de patience qui demandent rigueur et qualité, constance et idéal. Les artistes sont des passeurs nomades, acteurs de la Vérité, qui interrogent leur temps." Richard Martin
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Lundi 19 octobre 2009
A Castillon, le non l’emporte avec 89,2% contre 10,8% au oui
la participation est de 56%.
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Dimanche 18 octobre 2009
Beausoleil: les habitants ont voté NON à 91,97%
à l'entrée de leur ville dans la Communauté Urbaine de Nice !
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Samedi 17 octobre 2009

Le Théâtre Toursky entre en Résistance
pour le rétablissement des subventions
 du Ministère de la Culture – DRAC PACA.

"Je suspends ma grève de la faim
parce que nous avons un rendez-vous avec
le ministre de la culture le 23 octobre.
On m'a laissé entendre que la discussion pouvait être
constructive, je prends le parti de faire confiance à
Monsieur le ministre", a-t-il indiqué,
avant de lancer "retrouvons-nous le 23 !"

lire les articles du Nouvel Obs et de la Marseillaise

Le samedi 3 octobre 2009
à 19 heures
au Théâtre Toursky

Richard Martin a entamé
 une grève de la faim.

Jean Poncet, poète, écrivain,
ancien attaché culturel au quai d'Orsay,
l'a rejoint et a entamé avec lui
une grève de la faim.


Le désengagement total de l’Etat pour nos actions culturelles
et l’arrêt total des subventions génèrent de la frustration
mais aussi de la révolte et de la colère.
La DRAC PACA campe sur ses positions
après avoir reçu la délégation du Comité de Soutien
mercredi 30 septembre
et a refusé de s’expliquer devant la presse.
De nombreux artistes, personnalités politiques
et personnes nous ont déjà rejoints !

Rejoignez le Comité de soutien 
en signant la pétition

Il faut plus que jamais soutenir l'action de Richard Martin, et que le résultat attendu soit au bout du chemin.
merci à tous de votre signature sur: http://4463.lapetition.be/
jacky marcotte
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Mardi 6 octobre 2009

A Georges-François Hirsch
Ministère de la culture et de la communication : 3 rue de Valois - 75033 Paris.

Le Toursky, implanté dans un quartier populaire, apparaît plus que jamais comme une réponse à la sclérose sociale. Pour faire face à une crise économique sans précédent, la culture ne doit pas mourir. Cependant, laisser mourir un théâtre c’est laisser mourir la culture et, laisser mourir la culture c’est laisser mourir l’homme qui est un être de culture.
D'évidence, le théâtre pour lequel se bat Richard Martin depuis de nombreuses années apporte aux jeunes, aux moins jeunes et aux plus âgés le réconfort dans la prise de conscience d'une identité et d'une appartenance culturellement européenne et, surtout, dans la constitution d'un imaginaire collectif. Dans cette période d’instabilité angoissante nous avons besoin de rêver. Pour témoignage : la fréquentation du théâtre Toursky n'a jamais été aussi grande qu’aujourd'hui.
Que souhaite Richard Martin ? Le rétablissement de l'intégralité des subventions du Ministère de la Culture injustement retirées au Toursky. Un homme qui se bat pour notre accès à la culture, qui se débat dans un labyrinthe économique et qu’on abat, mérite bien qu’on se débatte pour lui apporter notre soutien.
Richard Martin commencera une grève de la faim le samedi 3 octobre 2009 à 21 heures, au Théâtre Toursky. Un homme, Richard Martin, ne s'arrêtera qu'avec le rétablissement des subventions Drac Paca injustement retirées et, s’il n’en reste qu’un pour sauver notre théâtre ce sera celui là.
pour signer la pétition: http://4463.lapetition.be/

 

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Dimanche 4 octobre 2009
(Selon AFP) Au moins 21 personnes sont mortes et une trentaine portées disparues après un glissement de terrain qui a plongé dans la boue des maisons entières dans l'est de la Sicile.

«Une autre victime a été retrouvée à Scaletta Zanclea portant le nombre de morts à 21», a déclaré à Messine le chef de la Protection civile, Guido Bertolaso.

Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, qui a renoncé à se rendre sur place ce samedi, est maintenant annoncé en Sicile pour dimanche.

Sur le terrain, les équipes de la protection civile et les pompiers, appuyés par quatre unités cynophiles et 200 volontaires, continuent de déblayer les décombres, tandis que des hélicoptères chargés de vivres portent secours aux survivants situés dans les zones isolées.

À Scaletta Zanclea, au sud de Messine, des maisons entières se sont écroulées et les bulldozers creusaient sous quatre à cinq mètres de boue.

Quant aux survivants, qui ne peuvent avoir accès aux décombres de leur maison, ils sont privés d'eau.

De fortes averses dans la nuit de jeudi à vendredi ont provoqué des crues soudaines, éboulements et coulées de boue qui ont emporté maisons et véhicules.

Environ 80 personnes ont été blessées, certaines brûlées par des explosions de bouteilles de gaz, et 400 ont dû être évacuées.

"Le maire a des morts sur la conscience parce que ce désastre était prévisible", a déclaré à l'agence italienne Ansa un marin de 58 ans, dont la maison a été complètement submergée par la boue.

La colère monte en Italie. «Une fois de plus, les Italiens paient un prix très élevé à l'incurie et aux abus dans le secteur de l'immobilier, qui a bétonné de grandes parties du pays de façon incontrôlée, en particulier dans le sud», a déclaré la responsable de l'Environnement du Parti démocrate (opposition).
http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/lemonde/archives/2009/10/20091003-113817.html

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Samedi 19 septembre 2009
 
 
 
Prison de Fresnes (Seine) 21 février 1944


Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,

Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m’arrive comme un accident dans ma vie, je n’y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.

Que puis-je t’écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.

Je m’étais engagé dans l’Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu’il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J’ai un regret profond de ne t’avoir pas rendue heureuse, j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d’avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté. Marie-toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires, je les lègue à toi, à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre, tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l’armée française de la libération.

Avec l’aide des amis qui voudront bien m’honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d’être lus. Tu apporteras mes souvenirs, si possible à mes parents, en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l’heure avec le courage et la sérénité d’un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n’ai fait de mal à personne et si je l’ai fait, je l’ai fait sans haine. Aujourd’hui, il y a du soleil. C’est en regardant le soleil et la belle nature que j’ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t’embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur.
Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.

Manouchian Michel.

P.S. J’ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène.

M. M.
http://www.dailymotion.com/relevance/search/l%C3%A9o+ferr%C3%A9+++aragon/video/xdvkv_leo-ferre-laffiche-rouge
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