CAPITAL SOCIAL

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ANALYSE

Mesurer le « capital social » en France

Le « capital social », lorsqu’on le considère comme un attribut individuel, désigne l’ensemble des relations qu’un individu peut mobiliser pour atteindre ses objectifs. Dans un sens différent, c’est-à-dire conçu comme un attribut d’un groupe ou d’une société, il fait généralement référence au stock de relations qui existent entre les membres d’un groupe mais aussi au degré de confiance interindividuelle, aux normes de réciprocité ou encore à ce qu’on appelle parfois le « sens civique ». La notion, qui a bénéficié d’un regain d’intérêt dans les années 1990, a fait l’objet d’analyses et de travaux notamment au sein de la Banque mondiale et de l’OCDE, qui en font désormais un déterminant potentiel, à côté du capital humain, du dynamisme économique et démocratique des États ou des communautés. La mesure d’un tel agrégat, surtout dans son second sens, n’est pas sans poser de sérieuses difficultés. S’il s’avérait quantifiable, le capital social pourrait néanmoins constituer un outil utile d’évaluation de la « cohésion sociale » ou du « lien social », concepts cousins, très présents dans les débats français. Une définition standard du capital social : celle de Robert Putnam Le capital social a d’abord été étudié par les sociologues James Coleman et Pierre Bourdieu, qui en faisaient un attribut essentiellement individuel. Le capital social désigne, pour ces auteurs, le réseau de relations qu’un individu peut mobiliser pour satisfaire ses objectifs. Le politologue américain Robert Putnam, au milieu des années 1990, a remis la notion à l’honneur, dans un sens assez différent. Le capital social désigne, selon lui, l’ensemble des réseaux sociaux et des normes de réciprocité qui y sont associées. Il caractérise non un individu, mais une collectivité, et les interactions entre les membres d’une part et avec d’autres groupes sociaux d’autre part. Si l’importance d’un livre se mesure au nombre de ses commentaires, alors Bowling Alone est assurément très important1. Cet ouvrage de Robert Putnam, professeur de sciences politiques à Harvard, est désormais devenu un quasi-classique. Bowling Alone est en fait le développement d’un article tiré d’une revue académique à diffusion plutôt restreinte2. La thèse de Putnam – qui concluait à l’affaiblissement du civisme et de la participation aux États-Unis – a dès 1995 fait grand bruit3. L’expression métaphorique bowling alone (littéralement « jouer au bowling en solitaire ») est progressivement entrée dans le vocabulaire courant pour désigner le dépérissement de la vie associative et, plus largement, une relative atomisation de la société américaine, facteur d’appauvrissement collectif. Dans ses travaux, le capital social recouvre les aspects de la vie collective tels que la participation, la confiance et la réciprocité qui rendent la communauté plus productive mais aussi plus démocratique. L’idée centrale de Putnam est que les réseaux et les liens sociaux y jouent un rôle central. « Comme un tournevis (capital physique) ou un diplôme universitaire (capital humain) peuvent augmenter la productivité individuelle et collective, les contacts sociaux peuvent affecter la productivité des individus et des groupes ». Il établit dans son ouvrage un certain nombre de corrélations entre le niveau du capital social et les performances des écoles, des quartiers, de l’économie ou bien encore de la démocratie. La santé et le bonheur en seraient même, dans une certaine...         (Pour en savoir plus et lire la suite) : http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/NoteVeille39.pdf


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