« Le capitalisme financier a besoin d'être moralisé » le Président de la République 8/01/08
« Le capitalisme financier a besoin d'être moralisé », nous disait le président de la République, le 8 janvier dernier lors de sa conférence de presse. Sage diagnostic. Qui s’est révélé encore plus sage quelques jours après, avec le déclenchement de l’affaire de la Société générale, et du trou de 5 milliards d’euros provoqué par un trader incontrôlé en mal de reconnaissance professionnelle. 5 milliards d’euros : l’équivalent du Téléthon…pendant 50 ans ! Déconnecté de toute réalité économique -enfermé dans sa « bulle »- le capitalisme
financier actuel n’est que la face ultime et la plus révoltante du libéralisme, qui ne s’embarrasse pas d’éthique : seuls les résultats comptent, et il y a une certaine impudeur de la part de ses thuriféraires habituels à sembler le découvrir aujourd’hui. La régulation indispensable aura-t-elle lieu ? La réponse à la question conditionne notre avenir à tous. Il n’ y a qu’à voir les dégâts actuels et à venir, à l’échelle mondiale, de la crise des « subprimes » américaines pour s’en convaincre.
Face à ces enjeux, celui des municipales françaises, dans quelques jours, paraît mince. Bien à tort, car en cette époque mondialisée, l’échelon local est sans doute le dernier espace de démocratie, où des transformations paraissent possibles, mieux, réalisables. C’est pourquoi il convient de le renforcer.
Là non plus ce n’est pas gagné. Les communes sont de plus confrontées au désengagement -en matière d’éducation et de culture en particulier- d’un Etat surendetté. Les associations en savent quelque chose, qui peinent à inscrire dans la durée leur action, sauf quand elles réussissent à établir des partenariats pérennisés avec les municipalités.
Là est le véritable enjeu des prochaines municipales : renforcer la légitimité des communes dans leur approche humaine du développement. Au service des intérêts et des attentes de tous les habitants.
Dominique MASCOLO (Anim’magazine Mars-Avril 2008)
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