Le gouvernement met le dérapage des déficits publics sur le compte de l'augmentation des dépenses des collectivités
A.M.F. 28 Mars 2008
Le ministre du Budget Eric Woerth a annoncé vendredi 28 mars que le déficit public français atteignait 2,7% du PIB en 2007. «Le chiffre, c’est 50 et quelques milliards d’euros de déficit» sur la base d’une dépense de «950 milliards d’euros à peu près», a-t-il ajouté. Le déficit «c’est vrai, est supérieur à ce qui été prévu, puisque nous avions prévu, tenté d’atteindre un objectif qui était celui de 2,4%», a-t-il admis.
Selon les analyses de l'INSEE, la différence de 0,3 point entre les prévisions et le déficit constaté inclut d’abord «un dérapage des dépenses des collectivités locales de 0,2 point». «Il y a une augmentation du rythme des dépenses des collectivités locales», a observé M. Woerth, parce qu’«elles ne dégagent pas suffisamment d’autofinancement pour financer leurs investissements». C’est là «une vraie question que nous devons nous poser, sans chercher à montrer du doigt les collectivités locales».
Le 0,1% restant correspond pour sa part «à un retraitement comptable» dans lequel le ministre n’a pas souhaité entrer.
Alors que Bruxelles presse Paris d’assainir ses comptes au plus vite, le ministre a reconnu que les finances pourraient difficilement être équilibrés avant 2012. «Elles doivent être en équilibre en 2012 – c’est là-dessus que le président de la République s’est engagé», a-t-il dit, ajoutant: «2010 si la croissance le permet, 2012 en tout état de cause.»
M. Woerth a par ailleurs confirmé que la prévision de croissance économique pour la France en 2008 se situait désormais dans une fourchette de 1,7% à 2%, chiffres fournis cette semaine par le premier ministre, François Fillon. Le budget 2008 a été bâti sur une hypothèse de croissance de 2,25%, mais Eric Woerth a souligné que le gouvernement avait «mis en réserve» sept milliards d’euros. (publié sur le site de l'Association des Maires de France.)